Comme le vent et la pluie, le taux à l’effort est un élément naturel, présent dès qu’une activité économique d’échange a lieu.
Lorsque vous achetez un bien ou un service, la somme que vous utilisez vient se retrancher de votre capital. Une simple baguette de pain (0.80 €), un timbre-poste (0.66 €) ne coûtent, en réalité, pas le même prix selon les possibilités pécuniaires de l’acheteur : ils ne demandent pas le même effort selon vos revenus.
Et oui, même le tarif unique, est en réalité un tarif à l’effort !
Auparavant, une famille chasselande, inscrivant son enfant au Conservatoire de musique et de Danse, pour l’activité de base (formation musicale) s'acquittait de 204 €. Ce prix unique était pourvoyeur d’inégalités.
La famille A, disposant de 87 000 € de ressources annuelles, payait 204 € d’inscription pour son enfant et réalisait donc un effort de 0.23 % sur ses rentrées financières. La famille B, elle, avec 30 000 € de salaires, faisait un effort de 0.68 %. Son effort financier était donc, pratiquement, 3 fois plus important que la famille A. Enfin, la famille monoparentale C, avec 15 000 € de ressources annuelles, faisait, quant à elle, un effort de 1.36 %. L’effort demandé était, dans son cas, 6 fois plus important que pour la famille A...
Et je ne vous parle pas du restant pour vivre, soit ce qu’il reste comme moyens à la famille pour payer toutes les autres charges de la vie courante…
Même les Chasselands acquittant le taux à l’effort le plus important (soit le prix plafond) ne contribuent qu’à une partie mineure du coût véritable de leur activité, la commune prenant à sa charge le reste à payer. Et il me semble utile de rappeler que, même pour les plus aisés, le Conservatoire propose des offres à des prix, en définitive, modérés (en comparaison avec des cours privés ou même des structures publiques de même qualité).
Alors oui, le prix unique que veulent réinstaurer les listes candidats UMP 1, UMP 2, UMP 3 restent bien un taux à l’effort, mais un taux à l’effort qui pénalise lourdement et uniquement les moins aisés de nos concitoyens. C'est le choix claire d'une politique élitiste. Ainsi, les activités culturelles ne devraient pas être accessibles à tous ? Le Conservatoire doit-il être réservé aux plus aisés alors même que chacun contribue à son financement à travers les impôts locaux ?
Et pourtant, jamais aucun de ces preux pourfendeurs du taux à l’effort n’a jugé utile de regarder de près le bilan du taux à l'effort instauré à Chassieu depuis 2009. En effet, depuis son instauration dans les diverses structures culturelles payantes de la ville (Conservatoire de Musique et deDanse et Atelier Couture), nous enregistrons une hausse, non seulement, des inscriptions mais également des recettes.
Ainsi, le Conservatoire est passé de 475 pratiquants, en 2009, à plus de 600 cette année. Ses recettes ont également progressé dans le même temps. De même, pour l’Atelier Couture, le taux à l’effort a été instauré à la demande de ses adhérents. Et depuis, cette structure témoigne d’un beau dynamisme tant au niveau du nombre d’inscriptions que des recettes.
L'augmentation des recettes provient essentiellement du fait que le nombre de Chasselands qui s'inscrivent augmentent. Plus de recettes, c'est garantir des services aux Chasselands, c'est anticiper de nouvelles offres pour les adapter aux pratiques de demain et aux nouvelles attentes des Chasselands et c'est ne pas augmenter les impôts. Car ces mêmes trois listes UMP disent vouloir réduire les dépenses de fonctionnement de la ville sans, soi disant, augmenter les impôts. Et les financements se trouvent dans les arbres ? Soyons un peu sérieux. On en peut pas dire tout et n'importe quoi pour gagner une élection et faire autrement une fois en place.
Vous voyez, on est bien loin du tableau que brossait l’opposition lors de l’installation du tarif au taux à l’effort. Nous n’avons pas eu de désertions massives de nos structures, bien au contraire. Jamais ces activités n’ont généré autant de recettes. Et, pour le Conservatoire, sa comptabilité a été rendue visible et lisible en le détachant totalement du budget général de la ville.
Mais de cela, les bonimenteurs de toute étiquette, n’en ont cure. Dès qu’il s’agit de faire preuve de solidarité, les clichés courent sans fondement, lourdement, sottement… L'exemple du logement est le plus criant. Dès qu’ils parlent du logement social, tous les clichés les plus irrationnels refont surface : ils l'associent à la délinquance alors même que plus de 70 % des Français sont éligibles au logement social en raison des coûts de la vie, aujourd'hui, en France. Et je ne pense pas que 70 % des Français soient des délinquants, vous, moi, nos familles, nos amis, nos enfants arrivés à l'âge adulte mais qui débutent leur vie professionnelle, les retraités qui recherchent un logement plus petit ou, pour les plus âgés d'entre nous, un logement adapté à leurs besoins liés à leur avancée en âge…
Il faudrait que nos candidats des UMP diverses et variées de Chassieu s'informent quelque peu. Les tours de la Duchère ou des Minguettes ne se font plus.Ce n'est pas du tout tendance ! Nous ne sommes plus dans les réalisations des années 70-80. C'est fini. Le logement social s'inscrit dans des petits ensembles où les familles se côtoient, permettant une mixité sociale qui est la base de notre République. Le vivre ensemble, quels que soient vos moyens économiques, c'est précisément ce que renforce le tarif au taux à l'effort, en facilitant l'accès aux activités à tous les Chasselands.
Mais les clichés idéologiques ont la vie dure !
Albert Bruzzese

.jpg)

.jpg)
